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Billet d’humeur : Oenotourisme, osons l’amateurisme !

par Luc Poulain d'Andecy
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morguefile.com / biberta

La France est un des premiers producteurs de vins au monde et la première destination touristique mondiale. Ses vignobles attirent chaque année au moins 5 millions de touristes français et 2,5 millions d’étrangers. En toute logique, elle devrait être le pionnier et le leader de l’œnotourisme. Pourtant, le risque est grand d’y perdre son âme.

Que l’on conçoive des produits touristiques autour des vignobles et même dans les domaines, pourquoi pas ; mais attention de ne pas faire du vin un pur produit touristique, labellisé et formaté aux normes internationales. Faudrait-il, pour faire de l’œnotourisme, avoir sur son domaine un espace de vinothérapie, un golf, un circuit 4X4, des chambres d’hôtes de luxe ou que sais-je encore ? Non merci, pour moi le vin n’est pas un produit touristique 4 étoiles aseptisé pour touristes en mal de luxe. Je reste persuadé que la France, avec ses multiples vignobles si différents les uns des autres doit conserver une authenticité avec, j’ose le dire, sa part d’amateurisme. Le vigneron ne doit pas devenir un professionnel du tourisme ! Il faut préserver la sincérité des «petits» vignerons français qui vous reçoivent chez eux, dans leur maison en toute simplicité. Car c’est bien la rencontre humaine qu’il faut privilégier avec ce que cela comporte d’aléatoire. On peut certes améliorer les prestations proposées, mais attention à tous ces labels qui vous garantissent un accueil qui sera formaté comme dans ces magasins où l’on vous crie «bonjour» depuis l’autre bout de la salle parce que c’est dans le cahier des charges…

J’ai vu en Provence un vigneron qui avait fait construire son caveau au bord de la route, toit photovoltaïque, façades bois, grand parking et tout et tout… arrive un bus rempli d’américains venus de Nice…. La moitié fumaient dehors, le quart étaient aux toilettes, et les autres achetaient des souvenirs type cigales fabriquées en Asie, et seulement 4 ou 5 dégustaient le vin de Vigneron. D’ailleurs les 4/5 du caveau était conçu comme une boutique de souvenirs, seul subsistait un coin vin. Si c’est cela l’oenotoursime professionnel ! Si le vin n’est qu’un souvenir parmi d’autres… Alors non merci !

Laissons cela aux professionnels du tourisme ! Nous vignerons, restons des amateurs, mais de vrais vignerons !

Luc Poulain d’Andecy
http://tourisme-et-vignerons.blogspot.com/

Commentaires

  1. Guide du Vignoble

    15 novembre 2011

    Cet article est construit sur le retour d’expérience d’un caveau en Provence qui n’est ni plus ni moins qu’un attrape-touristes comme on en trouve partout, mais ceci n’est pas représentatif de ce que l’on doit faire pour développer l’accueil du public autour du vin.
    Peut-être que ce vigneron voit dans l’Å“notourisme un moyen de gagner de l’argent à court terme, en oubliant justement les critères d’accueil et l’esprit dans lequel la filière essaie de s’adapter sur un marché porteur. La qualité de l’accueil est garant de la pérennité, et contrairement à ce que vous avancez, si ce vigneron s’était fait accompagné par des professionnels du tourisme, ou un consultant qui connaît son métier et ne fait pas des études pour faire sortir de terre des attrape-touristes, peut-être que le résultat aurait été différent.
    Donc gardons évidemment l’authenticité nécessaire pour que la quintessence du vin et du métier de vigneron soit mise en avant, mais trouvons également un juste milieu. C’est comme tout, avec les mêmes ingrédients, on peut voir différentes approches sur le tourisme viticole, mais en aucun cas il faut prôner l’amateurisme, c’est justement ce que vous reprochez à ce vigneron…

  2. Luc Poulain d\'Andecy

    15 novembre 2011

    Un billet d’humeur est destiné à provoquer une réaction. Merci d’avoir réagi. Comme vous le dites il faut garder un juste milieu mais sachez quand même que ce vigneron provençal a bien été conseillé par un Pro du tourisme ! Sans doute pas du même tourisme dont nous parlons. Du point de vue financier cela marche d’ailleurs, mais je confirme que le vigneron y a perdu son âme.
    La problématique de l’oenotourisme est la même que l’accueil au caveau : le visiteur est -il un simple client, un vrai ami, un passionné, un amateur ou un curieux ? Comment donc le « travailler » ? En ce qui me concerne, je préfère que l’on ne me « travaille » pas en professionnel du tourisme, mais que le vignerons soit lui-même, en amateur, gardant sa sincérité, sa vérité, sa spontanéité, son âme quoi (avec les imprévus et autres aléas de toute rencontre humaine)
    En tout état de cause, les amateurs de vins que je vise avec mes guides sont comme moi, ce n’est peut être plus la majorité des « oenotouristes », mais croyez-moi il en reste encore beaucoup.
    C’était le sens (volontairement un peu provocateur) de mon billet d’humeur sur l’amateurisme, ce qui n’exclus bien sûr pas de faire les choses bien même en amateur !
    Mon billet d’humeur était en réaction à un certain oenotourisme professionnel vous l’aurez bien compris.
    Merci encore de votre réaction

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