Pourrait-on rouler au vin ?

par Kevin Chaulet
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Walker and Walker

Le vin, on le boît, on l’étudie et on pourrait peut-être bientôt rouler avec ! En effet, en mars, Jean Vignolles, un ingénieur soulignacais à la retraite, s’est démarqué à la Foire de Lyon avec une idée originale : un procédé de fabrication d’un biocarburant utilisant la vigne.

Lors de la dernière Foire de Lyon, les créations de Jean Vignolles ont interpellé la Fédération nationale des associations d’inventeurs (FNAFI). Parmi ces inventions, une a particulièrement fait parler d’elle : un biocarburant issu de la vigne. Comme l’explique Jean Vignolles, cette idée originale tire ses origines de différents facteurs. En premier lieu, on peut citer la crise financière que subissent certains viticulteurs ces dernières années. Selon lui, « Dans diverses régions de France, cette situation se révèle catastrophique, le litre du vin étant rémunéré sur la base de 0,57 à 0,65 € le litre, soit en dessous du prix de revient ». En deuxième lieu, l’inventeur met aussi en avant le coût important de la création d’usines modernes pour produire des biocarburants, provenant dans la majorité des cas du mais et du blé. Enfin, Jean Vignolles explique aussi que « l’utilisation de ces produits pour faire du carburant, alors même que les grains font défaut pour l’alimentation dans le monde, suscite une vraie polémique. D’autant que le mode de culture de ces produits est également polluant ».

Face à tous ces constats, Jean Vignolles a eu l’idée de créer du bioéthanol à partir de la vigne. Pour lui, « Pour être moins polluant et rentable, il faut partir de solutions simples, utilisant les compétences et le matériel des viticulteurs. Mais il faudra s’adapter à un nouveau mode de culture ». Le Soulignacais explique ainsi que l’on pourrait choisir des domaines viticoles, ne profitant pas d’un bon emplacement géographique pour produire des vins de qualité, destinés à la production de bioéthanol. Ainsi, on pourrait même arracher des vignes existantes, et ainsi bénéficier des subventions de l’Etat, pour cultiver des cépages hybrides à haut rendement (Noah, Baco, plants brésiliens) pour produit un biocarburant issu de la vigne. « Ces plants n’ayant besoin que de très peu de traitement peuvent produire environ 200 à 400 hecto à l’hectare. Une formule de plantation permettant une industrialisation peut être envisagée pour diminuer les prestations », précise-t-il. Ainsi, d’après lui, le coût traditionnel de la viticulture serait réduit ce qui pourrait amener à une meilleure retabilité dans un environnement plus écologique. Jean Vignolles envisage ainsi que certains viticulteurs se reconvertissent dans la production de bioéthanol, une activité qui utiliseraient les infrastructures déjà présentes et permettrait  de réduire la production de vins de consommation courante.

Après avoir réalisé une importante analyse pour ce projet, Jean Vignolles souhaiterait maintenant « créer, avec des techniciens qualifiés, une unité permettant d’améliorer et de valider une partie essentielle de ces idées » comme nous le précise Terre de vins. Selon Jean Vignolles, « pour réaliser une telle chose, il faudrait trouver un industriel capable d’innover et lui attribuer un certain budget. Je suis à la disposition de ceux qui seront prêts à se lancer », précise-t-il. L’appel est lancé !

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